Le parc

Un doux mariage entre le végétal et le minéral

De par son histoire, les murs de l’abbaye de Saint-Maurice ont été colonisés à mesure que la structure s’est altérée dans le temps. Les terrasses, vestiges de la période des moines, ont été aménagées pour cultiver et canaliser l’eau. Les murs de soutènement facilitent l’accès aux terres, tandis que la pierre emmagasine la chaleur du jour pour la restituer la nuit, créant ainsi un microclimat propice à la croissance.

De style Renaissance, le jardin a été conçu en 1710 avec la plantation d’une allée de 25 ifs menant aux ruines romantiques. Ces ifs ont été façonnés en topiaire pendant près de trois siècles, prenant la forme de pions d’échecs. Des vues anciennes témoignent de cette longue tradition de taille, qui s’est maintenue jusqu’au départ de Paul Hervé, le dernier exploitant agricole, en 1961.

À proximité des vestiges de l’abbaye, un monumental platane évoque le passé aristocratique du lieu, qui s’est transformé en villégiature au cours du 19ème siècle. Cet arbre, à l’impressionnante base, était à l’origine accompagné d’un tilleul aujourd’hui disparu. Ces deux arbres avaient été choisis pour le baptême du fils du jardinier, né dans l’orangerie le 3 novembre 1877. Mme Lorois, la châtelaine, avait souhaité être sa marraine et planter ces deux arbres en l’honneur du nouveau-né. La famille Lorois a également contribué à l’introduction de plusieurs séquoias, magnolias, et tilleuls.

Dans les années 60 à 70, le parc a connu une période de délabrement et de friche. Souvent étiquetés comme terrains vagues, ces espaces se sont rapidement transformés en refuges de la biodiversité, devenant des lieux d’expression libre de la nature. Ce sanctuaire abonde en espèces animales et végétales, reflétant notre histoire. La présence de la végétation sur le patrimoine bâti crée une ambiance romantique qui évoque les différentes époques.

Dès l’acquisition du site par le Conservatoire du littoral et sa gestion par la commune de Clohars-Carnoët, un travail de restauration a été entrepris pour consolider et préserver l’existant. L’objectif atteint, nous nous engageons à entretenir et gérer ces terrains en mêlant la nature sauvage à l’horticulture, afin de conserver la lisibilité des différentes périodes.

Lors de l’acquisition, un verger conservatoire a été planté, en clin d’œil à notre territoire et à la pratique cidricole. Ce verger, constitué de variétés locales, s’étend sur nos terrasses surplombant les méandres de la Laïta, notre fleuve côtier. À la suite d’un appel à projets, la micro-cidrerie “Des Bouteilles à l’Amère” valorise nos pommes, donnant naissance à la cuvée Laïta, un cidre parcellaire élaboré avec soin. Vous pouvez retrouver le fruit de cette collaboration en vente directe à l’accueil du site